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Dans le cadre de son programme vision 2008, la commission Hygiène et santé de la Jeune Chambre économique de Cayenne (JCE) a organisé une conférence – débat sur le thème « Tabac : la loi vient-elle en aide à la médecine ? », le vendredi 11 avril 2008 à 19h00 à l’auditorium de Rémire – Montjoly ». Cette conférence a été animée par la JCE avec la participation du Docteur BOURGUIBOT (Pneumologue, allergologue), le Docteur Jacques BRETON (Président de la ligue contre le cancer), M. Dominique KUSSEL, avocat, M. Fabien SUBLET, Pharmacien, et Mme Jeanne BELLONCE, infirmière. L’assemblée composée d’un public diversifiée a pu apprécier la qualité des intervenants. Partager nos expériences et associer nos énergies pour lutter efficacement contre la première cause de décès évitables dans le monde constitue l’intérêt premier d’une telle manifestation. Le tabac est le seul produit de consommation courante qui, par construction et non par accident, tue la moitié de ses consommateurs réguliers. Cinq millions de fumeurs décèdent de leur tabagisme chaque année dans le monde, sans compter les non-fumeurs, hommes, femmes, enfants, exposés contre leur volonté à la pollution atmosphérique par la fumée de tabac. L’objectif de cette rencontre était :
· de faire le faire le point sur la prévention et le dispositif d’aide en Guyane de lutte contre le tabac · de faire prendre conscience du coût économique inhérent à la prise en charge de cette pathologie par la société et des nouvelles contraintes imposées aux commerces accueillant du public. Le premier constat exposé par le Dr BRETON, est l’absence de statistiques faisant état du nombre de guyanais touchés par le cancer. Aussi, il est difficile d’appréhender le taux de consommation du tabac en Guyane. Le registre du cancer devrait produire des données au cours de l’année 2008. M. SUBLET, pharmacien a expliqué que le coût des substituts nicotiniques était largement inférieur au coût de la cigarette. Selon lui, il existe plusieurs méthodes pour arrêter de fumer tout en faisant appel à sa propre conscience. Selon le Docteur BOURGUIBOT, « l’arrêt du tabac, c’est du sur-mesure ». Mme BELLONCE, infirmière, a souligné l’importance du rôle du psychologue, car il faut être à l’écoute des patients. Certains individus arrivent à s’arrêter sans substitut nicotinique. Du fait de l’absence de dispositif de suivi, il est impossible aujourd’hui de connaître le taux de rechute chez les patients. S’agissant du tabac, des jeunes et de l’aspect législatif, M. KUSSEL a indiqué que le juridique n’avait pas la même approche que le corps médical, car le tabac est une drogue qui n’est pas illicite. Il a ainsi repris l’histoire du droit dans la lutte contre le tabac du 19ème siècle, jusqu’à partir du 21ème siècle où l’on a assisté à l’émergence d’une jurisprudence anti-tabagique visant à établir des limites et des interdictions de fumer. Le coût de l’infraction est de 68€. En cas de non respect des obligations, le contrevenant encourre une amende de 135 € par infraction constatée. Si le paiement intervient dans un délai supérieur à 45 jours, l’amende de 68€ passe à 145 €. Pour le débitant (propriétaire d’un bar par exemple), le paiement intervenant au-delà de 45 jours passe à 375 €. Comment faire pour que les jeunes ne consomment plus du tabac, et comment faire pour éradiquer la vente de tabac dans les stations service ? Une interdiction inciterait à chercher d’autres sources d’approvisionnement et favoriserait l’importation de produits non contrôlés. En France hexagonale, il n’existe plus de vente de cigarettes dans les stations service. Elle s’effectue uniquement dans les débits de tabacs, contrairement à la Guyane. En outre, la vente aux mineurs de moins de 16 ans est interdite. Entre 16 et 18 ans, il existe un vide juridique. La première solution vise à informer le public. Le système éducatif a un rôle de tout premier plan à jouer en termes de prévention. En conclusion, il y a tout de même quelques avancées, « mais il ne faut pas attendre que la loi fasse tout ».Par ailleurs, il faudrait que l’application de la loi se fasse de manière stricte.
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